
|
Numéro 105-106 - août -
septembre 2001
|
Au Sud - La politique de la terre brûlée
continue.
| Au cours des mois précédents, L’Etat du Nil Bleu Sud
a été de plus en plus affecté par l’extension en direction
de l’est des champs pétrolifères de la société
suédoise LUNDIN à Ada Yel. En plus des combats (lire le Soudan
utilise des missiles contre les rebelles), des dizaines de milliers de
Sudistes déplacés des zones entourant les champs pétrolifères
ont fui du Nil Bleu Est (appelé par le gouvernement Unité),
vers le Nil Bleu Sud à la recherche d’un refuge. Les enquêteurs
des droits de l’homme disent apporter l’essentiel de leur attention à
cette région.
Des témoignages oculaires:« Des rumeurs nous étaient parvenues, indiquant qu’il y allait avoir de la production pétrolière dans la région », a déclaré Diane de Guzman, consultant en droit de l’homme et vétéran du Sud-Soudan. « Il y avait déjà une zone de puits en production. Mais nous apprenions qu’il y aurait des études préliminaires un peu plus loin. Dès que cette information nous est parvenue, nous avons commencé à voir des villages attaqués et de grands nombres de personnes déplacées. Nous voyons les milices gouvernementales tirer sur les femmes et les enfants qui courent dans la brousse en essayant de trouver un abri ». Des interviews: Warren Strobel, reporter au Philadelphia Inquirer, a écrit un article daté de Buoth (30 kilomètres au Sud de Bentiu). Il a interviewé des réfugiés du village de Wattjock dans l’Etat du Haut Nil Ouest (appelé par le gouvernement Unité). « Avec des hélicoptères de fabrication soviétique et d’autres armes achetées avec l’argent du pétrole, le régime dépeuple de très nombreux territoires autour des champs pétrolifères qui sont développés par des compagnies étrangères dont Talisman ». Les ambassadeurs européens se sont rendus en zone pétrolière
et le gouvernement soudanais a claironné qu’ils avaient conclu qu’il
n’y avait pas de politique de terre brûlée; or leur rapport
est confidentiel. Il en a toutefois filtré que si les diplomates
n’avaient pas trouvé de preuves, cela ne voulait pas dire qu’une
telle politique n’existe pas: le voyage était beaucoup trop limité
en temps, lieux et envergure pour arriver à une telle conclusion.
|