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Numéro 100 - février -
mars 2001
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Loin de l’aide
| David Aquila Lawrence, (extraits, traduits par VS)
Mamoun Osman, 31 ans, un soldat de l’ALPS dont le fémur a été fracassé par une balle, a beaucoup de chance. En effet la bataille entre le gouvernement et l’ALPS a eu lieu près du seul centre de santé de la région. Là il a été pansé par des médecins allemands qui ont téléphoné à l’hôpital de la Croix Rouge à Lokichokio à mille kilomètres plus au Sud, du côté kenyan, là où sont soignés les blessés ALPS. -Les blessés de l’armée gouvernementale sont soignés dans d’autres hôpitaux de la Croix Rouge du côté soudanais- Lokichokio était d’accord pour recevoir Mamoun, mais les Allemands devaient trouver un avion. A la suite d’une rumeur selon laquelle un avion allait se poser sur une piste d’atterrissage clandestine non loin, les camarades de Mamoun le transportèrent dans un brancard de fortune sur 8 kilomètres en passant par la montagne. Mamoun saignait beaucoup et pensa mourir, mais ses chances de survie sont très grandes.. « Nous recevons très rarement les patients en quelques heures » a déclaré le chirurgien finnois de la Croix-Rouge au reporter. « Dans les premières six huit heures les blessures sont très contaminées; plus tard elles sont toutes infectées » Le résultat c’est que la plupart des victimes de balles ont une gangrène et doivent être amputées. L’hôpital de 600 lits soigne aussi des morsures de serpents, des cas de paludisme cérébraux, de malnutrition, de poliomyélite- la guerre empêche les vaccinations. Une unité de prothèses adapte des membres artificiels aux amputés souvent des enfants, qui eux, doivent revenir une fois par an pour recevoir de nouvelles prothèses à mesure qu’ils grandissent. Un des nombreux problèmes est le retour des patients guéris au Soudan. La Croix-Rouge a quelques avions mais doit utiliser ceux des Nations-Unies ou des ONG dans de nombreux cas. Les inondations de la saison des pluies rendent souvent inutilisables les terrains d’atterrissage en terre battue, les lignes de combat changent, rendant souvent l’atterrissage dangereux. De plus les gouvernements soudanais et kenyan doivent donner une autorisation pour chaque vol, ce qui n’est facile à obtenir ni du premier, qui juge que ces vols aident les rebelles, ni du second qui n’a pas une très bonne réputation en ce qui concerne la corruption. « Quand nous avons commencé en 1987 » dit le chirurgien finnois, « nous pensions en avoir pour quelques mois ou quelques années, mais la guerre continue, continue, continue, et nous n’en voyons pas la fin. » San Francisco Chronicle
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