Numéro 100 - février - mars 2001

Le rapporteur des Droits de l’homme rappelle les pétroliers à leurs responsabilités
 

Lors d’une conférence de presse, où il rendait compte de sa visite au Soudan, le Rapporteur  Spécial des Nations-Unies pour les Droits de l’homme Gerhart Baum a déclaré : 

"Durant ma visite, j'ai réuni de nouvelles preuves que l'exploitation pétrolière conduit à une exacerbation du conflit, avec des conséquences pour les civils", rappelant l'éviction forcée de populations et les destructions de villages par les autorités afin de permettre aux sociétés d'exploiter des zones dépeuplées. "Ce lien doit continuer à être étudié en profondeur", a-t-il estimé, en notant qu'il espérait le faire à l'automne prochain lors d'une prochaine visite au Soudan (AFP).

Des officiels gouvernementaux l’ont assuré que les individus déplacés recevaient une compensation (sic Reuters).

"Bien que la responsabilité principale d'arrêter les déplacements forcés incombe aux parties en conflit, a continué M.Baum, j'appelle toutes les compagnies opérant au Soudan à observer pleinement leurs responsabilités d'entreprise, dans l'idée de minimiser les impacts négatifs de leurs opérations, particulièrement pour la planification de nouvelles activités...C'est une grave préoccupation, l'exploitation pétrolière attirant les combats. Dans certaines des régions où elle a lieu, les incidents armés croissent".

M. Baum a été autorisé à visiter en prison de nombreux prisonniers politiques mais pas Tourabi. Certains détenus maintenus en isolement étaient confinés comme "des animaux au milieu des ordures". Le rapporteur s'est déclaré préoccupé, depuis décembre, par les arrestations arbitraires et par l'extension de la détention préventive sans contrôle judiciaire, ainsi que par les restrictions continues aux libertés de mouvement, d'expression et de religion.  
Une grande préoccupation reste l'enlèvement de femmes et d'enfants. M. Baum a demandé au gouvernement un meilleur contrôle des milices privées et estimé que le rachat des esclaves par des ONG "n'est pas efficace". "C'est la responsabilité du gouvernement, a-t-il dit, de stopper ces milices, qui sont ses alliées, qui utilisent des armes du gouvernement, qui combattent avec lui". Il a évoqué aussi les bombardements sans discrimination, notamment dans les monts Nuba (AFP).
 

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