A EZO ET NZARA, EQUATORIA OCCIDENTAL : ATTAQUE DE L'ARMÉE DE RÉSISTANCE DU SEIGNEUR

 

 

Du 12 au 18 août, l'Armée de Résistance du Seigneur, enlève, attache, crucifie.

L'évêque de la région demande une intervention internationale.


Plusieurs rebelles de l'Armée de Résistance du Seigneur ont pris d’assaut une église, Notre-Dame-de-la-Paix, le 12 août dernier, à Ezo, désacralisant l’édifice avant d’enlever 17 personnes, la plupart étant des adolescents et des jeunes dans la vingtaine.

Peu après l’attaque de cette église, tout près des frontières avec la République centrafricaine et la République Démocratique du Congo (RDC), l’un des jeunes hommes qui avaient été kidnappés a été trouvé mort, attaché à un arbre et mutilé. De ceux qui ont été enlevés, seulement trois ont pu s’échapper et revenir en lieu sûr, le jour suivant, laissant derrière les 13 autres. Ces derniers manquaient toujours à l’appel un mois plus tard.

Puis, moins d’une semaine après, près de la ville voisine de Nzara, six personnes sont tombées dans une embuscade et ont été tuées après avoir été clouées sur des pièces de bois ,  une crucifixion.  À cette date, de nouvelles informations faisaient état de l’enlèvement de 12 autres personnes, dans leurs villages, près de Nzara. 

En réponse à ces attaques, Mgr Hiiboro, évêque de Tombura, a initié trois jours de prières et de jeûne, impliquant les chrétiens de toutes confessions de l’État d' Equatoria  Occidental. À son plus fort, 20 000 personnes ont marché plus de 4 kilomètres, pieds nus, vêtues de sacs et de cendres, dans une manifestation silencieuse contre l’inaction alléguée du gouvernement, afin qu’il augmente la sécurité dans la région. Des ministres du gouvernement local ont pris part à l’événement et se sont engagés à faire plus pour renforcer la présence policière dans la région, (probablement sans effet). « Nous voulions faire une manifestation silencieuse pour dire au gouvernement que les choses ne vont pas bien », dit Mgr Hilboro. Il a écrit aux autorités de Khartoum, le gouvernement d’unité nationale. Il a souligné que, selon l’accord de paix post guerre civile, le régime de Khartoum a la tâche de répondre quand les pays voisins (Ouganda), d’où proviennent originellement les ARS , menacent le sud du Soudan, aussi bien que le nord où se trouve la capitale du pays, Khartoum.

 

 Aide internationale : essentielle
L’attaque à Ezo fait partie d’un cycle de violence qui ne pourra être brisé qu’avec la collaboration internationale. « Le gouvernement ne peut faire une réelle différence » dans le problème que représente l'ARS, « Ils continuent à dire qu’ils ont le contrôle, mais maintenant, on voit la réalité », « Personne ne vient à notre aide, nous demandons à ceux qui sont responsables dans la communauté internationale de faire quelque chose » dit l'évêque.
L'ARS avait attaqué le 12 août dernier, des centaines de personnes d’Ezo,  proches de leur église ; elle désacralisa l'hostie déchirant les vêtements liturgiques,  et endommageant d’autres biens de l’Église.  Après coup, les gens ont continué à venir à moi avec tant de souffrance dans leurs yeux, me suppliant de faire quelque chose – de leur redonner leurs enfants et petits-enfants disparus ». Le curé de la paroisse d’Ezo, fut plus heureux ; pourchassé par les rebelles, il courut pour avoir la vie sauve et passa la nuit dans une forêt des alentours, avant de trouver un endroit sûr le lendemain. 

 (Par John Pontifex, AED (Aide à l'Eglise en Détresse), Royaume-Uni, traduction : Mario Bard, AED Canada)